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Questions et réponses (FAQ)...

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-Arguments et contre-arguments

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Q: Qu'est-ce qui a amené la plupart des organisations de personnes assistées sociales à prioriser la question du barème plancher?

R: Tout d'abord, il y avait les cas que nous rencontrions dans la pratique de défense individuelle des droits. Cette pratique révèle une foule de problèmes sérieux qui ne seront pas réglés avec l'instauration d'un barème plancher: respect de la vie privée, barèmes de base insuffisants, accès aux études, etc. Il était toutefois difficile de ne pas être particulièrement ému par les cas de personnes dont les prestations avaient été coupées à moins de 300$, à moins de 200$ et même à moins de 100$ par mois! Les conséquences pour les individus concernés étaient dévastatrices. On a pu voir des gens perdre leur santé physique et mentale et parfois même des suicides en conséquence de cette descente aux enfers.

Nous avons d'abord tenté de contrer les diverses dispositions légales et réglementaires qui rendaient possibles ces coupures au fur et à mesure qu'elles étaient annoncées puis mises en application. Mais il devint évident que cela nous entraînait à devoir alerter l'opinion publique sur une variété croissante de questions (partage du logement, mesures d'employabilité et programmes de cheap labour, insaisissabilité de l'aide de dernier recours, qu'est-ce qui est de la fraude et qu'est-ce qui n'en est pas, etc.,etc.) alors qu'en fait la question de fond posée par tous ces changements des dernières années était l'abolition du droit à un minimum pour toute personne sans revenu.

Donc en priorisant la question d'un barème plancher à l'aide sociale, on s'adressait à deux préoccupations majeures: a) répondre à des problèmes dramatiques et urgents dans le vécu des personnes et b) faire porter le débat de la réforme de l'aide sociale sur le fond (l'aide sociale sert -oui ou non- à assurer les besoins vitaux des personnes qui sont en situation de dernier recours). 

Q: Pourquoi devrait-on accorder un minimum à toute personne sans revenu? Quel est votre principal argument? 

R: L'argument principal part d'un choix de société: on fait le choix qu'on ne laissera personne mourir de froid, de faim ou par manque de soins ou de médicaments (ou qu'on n'acculera personne à devoir recourir à des moyens illégaux pour survivre). Or c'est impossible à assurer si on laisse des gens sans aucun revenu. Le barème plancher garantirait que personne ne puisse se retrouver sans le moindre revenu. 

Ce n'est donc pas un "argument" au vrai sens du terme, puisque c'est d'abord un choix: nous choisissons de défendre le droit de tous et toutes à la garantie des besoins vitaux ..mais il est tout aussi possible de faire le choix qu'on est prêt à laisser mourir des gens - ou à tout le moins, détruire des vies - pour le profit des entreprises, pour le succès de la politique active du marché du travail, par mépris pour les "perdants" dans une société basée sur la compétition ou pour toute autre raison. 

CertainEs politicienNes, aux États-unis par exemple, le disent ouvertement. Nous pensons que certainEs politicienNEs québécoisEs partagent ce dernier choix, mais n'osent pas l'avouer ouvertement à la population et évitent donc à tout prix de même discuter du barème plancher, malgré nos sollicitations répétées. d

Q: Pourquoi ne pas demander une hausse des prestations de base plutôt qu'un barème plancher au montant indéterminé? 

R: Il est bien évident que les barèmes de base ne sont pas assez élevés, et les groupes communautaires ont toujours mis de l'avant qu'ils soient haussés. Mais nous choisissons de mettre la priorité sur l'établissement d'un minimum notamment pcq si les gens sont coupés jusqu'à zéro à partir de 800$ plutôt qu'à partir de 500$, ca ne fera pas tant de différence après tout..( n'oublions pas que le gouvernement peut tout aussi bien hausser les pénalités que les prestations).. Il faut d'abord établir qu'il existe un montant auquel les personnes sans revenu ont droit, c'est-à-dire un barème plancher. 

Il est intéressant de remarquer que lors de rencontres avec le Ministre Boisclair et son personnel , ceux-ci suggéraient justement aux représentantEs de nos groupes de demander une hausse des prestations (à laquelle ils pourraient être ouverts laissait-on entendre) plutôt qu'un barème plancher (dont ils ne veulent rien savoir). C'est que le gouvernement comprend bien que sans minimum le montant des prestations est écrit sur de l'eau alors qu'avec un minimum, un barème plancher, il serait écrit dans la pierre... A nous de voir aussi clair qu'eux! 

Q: Pourquoi ne pas fixer le montant tout de suite? 

R: Les raisons sont de deux ordres, l'un technique, l'autre politique. 

La revendication d'un barème plancher porte sur un amendement à apporter à la Loi sur le soutien du revenu. Or la Loi ne fixe aucun montant, ni pour les barèmes de base, ni pour les pénalités, sanctions, coupures etc. C'est le Règlement, décidé par le cabinet et non par l'Assemblée nationale, qui fixe ces choses-là à partir des principes et critères établis par la loi. C'est donc ce que pose la revendication du barème plancher, soit d'inclure dans la loi a) le principe d'un minimum en dessous duquel on ne puisse pas couper (ce qui n'existe pas actuellement) et b) des critères sur lequel le Règlement devra se baser pour calculer et établir le montant: couvrir les besoins essentiels tels que nourriture, logement et médicaments. 

La raison politique principale est que certainNes politicienNEs utilisent parfois la discussion sur les montants pour éviter en fait de se prononcer sur le principe d'un minimum; or tant que ce principe n'est pas inscrit dans la loi, on discute du montant de quelque-chose qui n'existera pas, c'est-à-dire qu'on discute pour rien. Notez que les députéEs de l'Assemblée nationale n'ont eu aucun mal jusqu'ici à voter sur des principes qui ne soient pas assortis de montants: c'est ce qu'ils ont fait chaque fois qu'ils et elles ont voté sur la législation de l'aide sociale depuis des décennies! 

(Voir aussi ce que dit le document conjoint de la FFQ et du FCPASQ ICI )

(Pour calculer vous-mêmes le montant nécessaire, voir ICI

Q: Quelle a été la réponse des politicienNEs jusqu'ici ?

R.: Plusieurs ont signé la Déclaration en faveur d'un barème plancher et la plupart des autres députéEs n'ont rien répondu, ni même envoyé d'accusé de réception suite à nos demandes répétées. Le résultat est que toutes les réponses écrites que nous avons reçues sont favorables au barème plancher et nous n'avons reçu aucune réponse écrite contre. Il semble que ceux et celles qui sont contre n'osent pas le dire ouvertement et préfèrent tout simplement éviter le sujet! 

Toutefois, lors de la campagne électorale de 1998,  Louise Harel, alors Ministre de la Sécurité du revenu, a traité du barème plancher dans une lettre aux candidatEs péquistes. Vous pouvez consulter la Lettre de L.Harel suivie des réponses de l'OSE-RM et du FCPASQ ICI. 

Le Ministre de l'Éducation François Legault a aussi dit quelques mots, rapportés dans un communiqué du FCPASQ et de l'OSE-RM. Vous y trouverez aussi quelques  mots de Lucien Bouchard.   

Mentionnons par ailleurs que le dernier congrès du PQ s'est prononcé en faveur d'un barème plancher.

Q: L'instauration d'un barème plancher n'encouragerait-il pas la fraude? 

R: Laissons de côté ici le fait que l'absence de tout revenu puisse en fait "encourager" à survivre par tous les moyens possibles, légaux ou non, et regardons plutôt ce que disent sur cette question la Fédération des femmes  et le Front commun des personnes assistées sociales du Québec ( ICI ).

Q: Comment pourrait-on s'y prendre pour fixer le montant du barème plancher? A combien devrait-il se situer? 

R: Plusieurs approches sont possibles et nous vous en ferons part dans une prochaine mise à jour. En attendant vous pouvez tenter de répondre vous-même en utilisant le test budgétaire qui figure dans ce site.

-D'autres questions et réponses dans la prochaine mise à jour. Envoyez-nous vos questions

-Extrait d'un document du FCPASQ et de la FFQ disponible  ( ICI )

Avant de discuter de montant, nous croyons qu’il faut d’abord et avant tout nous entendre sur le principe d’un Barème plancher. Voilà pourquoi nous demandons au gouvernement du Québec de commencer par se positionner en faveur du principe et, s’il est en accord avec celui-ci, de concrétiser cet accord de principe par un amendement à la Loi sur le soutien du revenu et favorisant l’emploi et la solidarité sociale. 

L’amendement que nous demandons d’introduire pourrait s’inspirer de la proposition suivante : « Les programmes d’Assistance-emploi et de Protection sociale visent également à ce que l’aide financière de dernier recours accordée aux personnes assure un barème plancher, c’est-à-dire une prestation en deçà de laquelle aucune saisie, ponction, pénalité coupure ne puisse s’appliquer. Le montant de ce barème plancher est prévu par règlement et il doit assumer la couverture des besoins essentiels suivants : la nourriture, le logement (chauffé et éclairé), les médicaments et l’habillement. Cet amendement pourrait être introduit aux articles 13 et 59 de la Loi sur le soutien du revenu. 

Une fois reconnu le principe d’un Barème plancher par l'introduction d'un amendement à la Loi sur le soutien du revenu et favorisant l’emploi et la solidarité sociale, il resterait, par la voie de la réglementation, à déterminer le montant de ce Barème plancher. 

Compte tenu du libellé de l’amendement introduit aux deux articles de la Loi sur le soutien du revenu, il va de soi que ce montant doit nécessairement couvrir les besoins essentiels que sont la nourriture, le logement (chauffé et éclairé), les médicaments et l’habillement. Le ministère de la Solidarité sociale possède déjà une base de calcul que l’on retrouve à l’Annexe B du document « Un parcours vers l’insertion, la formation et l’emploi »[3] Nous proposons que : ce document serve de point de départ et de base de discussion; les montants fixés dans cette base de discussion soient indexés au coût de la vie afin qu’ils correspondent à la réalité de l’année 2000; -et que les coûts de médicaments couverts, non prévus dans cette base de discussion, correspondent au minimum à la franchise mensuelle exigée par le programme d’Assurance-médicaments aux personnes assistées sociales et aux personnes âgées bénéficiant du supplément de revenu garanti. 

-Extrait d'un document du FCPASQ et de la FFQ (disponible ICI )
L'INTRODUCTION D'UN BARÈME PLANCHER DANS LA LOI AURA-T-IL COMME CONSÉQUENCE D'ACCORDER L’IMPUNITÉ AU FRAUDEUR ?

L’introduction d’un « Barème plancher » à l’aide sociale garantissant un minimum vital ne signifie pas automatiquement l’impunité pour les citoyens et les citoyennes ayant commis un geste illégal ou frauduleux.  Ce que vient changer le « Barème plancher » à la situation actuelle à l’égard de la fraude c’est qu’il peut avoir pour effet de limiter ou d’empêcher l’application de sanctions financières si celles-ci ont pour effet de réduire la prestation en decà du « Barème plancher » ou du minimum vital. Il est bon de se rappeler également que même si un montant n’est pas retenu sur le chèque, la dette reste exigible et peut-être récupérable s’il survient un changement dans la situation de la personne (retour en emploi, héritage, etc.) Dans le cas de fraude, le ministère a également la possibilité de faire des poursuites pénales.[4]  Compte tenu de l’impact mentionné précédemment et de la nécessité de maintenir un équilibre entre le droit à un minimum vital et la responsabilité que les personnes doivent assumer s’il y a infraction à la Loi ou à un Règlement sur le soutien du revenu, nous croyons qu’il faut chercher des alternatives aux sanctions financières actuelles.   Et comme nous croyons que les personnes assistées sociales doivent être traitées comme l’ensemble des citoyens et des citoyennes, il est utile d’aller voir comment ceux-ci et celles-ci sont traitées au niveau du Code civil et du système judiciaire lorsqu’il y a incapacité à utiliser la sanction financière comme mécanisme de responsabilité.   

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